À PROPOS

"De prime abord, le travail de Julia Robert échappe à toute description. Bondissant d’un quatuor à cordes de musique contemporaine à une performance théâtrale en solo, partant former un duo alto/batterie et chant/beatbox, revenant pour plonger dans l’ébullition d’un spectacle mélangeant cirque et astrophysique, prenant le temps au passage d’intégrer un orchestre national d’expérimentation et d’improvisation, elle compose ou interprète des musiques comme des textes, elle invente ou rejoint des formations musicales aussi bien que des mises en scène. « C’est un peu risqué », prévient-elle, « parce qu’à chaque création, on dirait que je passe du coq à l’âne. En réalité, de l’une à l’autre, j’ai la même envie de bousculer les gens, de me confronter aux matières et de proposer au public d’autres manières d’écouter. » Si l’on peine à la saisir au départ, c’est que son travail se situe précisément dans la transformation elle-même. Radicalement ouverte sur l’extérieur, elle noue sans cesse de nouvelles alliances, imagine des agencements inédits, et les observe modifier sa pratique, sa musique, elle-même.
 

« Je suis en évolution, mais tout était déjà là. Pendant de nombreuses années, j’ai porté tout cela sans l’exprimer. Aujourd’hui, j’ose le sortir de moi. Il y a une urgence dans ce que j’essaye de raconter et de faire. »

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@rudyétienne

Le son est la racine commune, continuellement mouvante, de ses multiples projets : « Je pars toujours du son. J’entends avant de faire. L’art musical est celui qui me définit le plus. » Issue d’une famille mélomane « qui écoutait de la musique en permanence », elle s’amuse d’être littéralement née « sur un air d’opéra puissant de Maria Callas ». Pratiquant la danse, le chant et la musique depuis l’enfance, elle se forme notamment à l’alto classique au sein du Conservatoire National Supérieur de Lyon puis auprès du quartettiste Friedemann Weigle. Elle opère sa première mutation, par l’écoute, lors de son long séjour à Berlin en 2010-2011, au cours duquel elle navigue entre les concerts de la Philharmonie, « où l’orchestre joue avec ses tripes », les soirées du Berghain, discothèque électro au « son magnifique que je n’ai retrouvé nulle part ailleurs », et la foisonnante scène d’improvisations et de performances. Elle fait à ces occasions ses premières rencontres avec des personnes trans ou non-binaires (c’est-à-dire ne se reconnaissant pas dans la catégorisation traditionnelle homme/femme), avec lesquelles elle apprécie particulièrement de travailler aujourd’hui : « Je ne suis pas trans moi-même, mais en termes de sensibilité, je me sens bien plus à l’aise avec elles. » En 2014, elle assiste au festival de Darmstadt, centré sur les musiques nouvelles, et l’expérience constitue un point de bascule : « J’en suis ressortie en me disant que je voulais tout faire ! » L’éclectisme comme principe d’exploration radicale."
Juliette Volcler article Revue ICI-L'ONDE en partenariat avec le Why Note centre de création musicale

 

 

 

BIOGRAPHIE
 

Musicienne altiste de formation, Julia Robert, développe aujourd’hui un langage pluridisciplinaire tourné vers la performance, intégrant le théâtre et le corps à sa pratique.


Julia Robert termine en 2013 un troisième cycle supérieur d’alto, spécialisé dans le répertoire contemporain au CNSMD de Lyon dans la classe de Christophe Desjardin et se forme à Berlin auprès de Friedemann Weigle (Quatuor Artemis).

À l’occasion du Festival de Darmstadt de 2014, Julia Robert rencontre la « nouvelle génération de compositeurs.rices ». Inspirée par leur créativité, elle fonde en 2015 la Compagnie Leidesis et le Quatuor IMPACT avec la volonté de défendre un répertoire de musique nouvelle qui décloisonne les genres et développe un rapport au son et au geste libéré des contraintes conventionnelles. Ainsi naît le premier projet du Quatuor : Les Automates de Descartes axé sur la mécanique du geste avec comme regard extérieur Johanne Saunier (Compagnie Rosas d’Anne Teresa de Keersmaeker). Cardinales, leur deuxième création en collaboration avec le compositeur Giani Caserotto, est un dispositif immersif où le public, assis au centre du Quatuor sonorisé, navigue dans un océan de son et de lumière.

 

 

En mars 2020, le Quatuor IMPACT enregistre Forest Gazing composé et interprété par et avec Carol Robinson pour birbynė & Quatuor à cordes à Radio France dans l’émission Création Mondiale d’Anne Montaron. Le Quatuor IMPACT collabore actuellement avec la metteure en scène Marine Mane sur sa future création Knit avec entre autres le compositeur Karl Naegelen.
 

En 2017, Julia Robert intègre l’O.N.C.E.I.M. (Orchestre National des Nouvelles Créations, Improvisations et Expérimentations) et participe notamment aux œuvres Gruidés de Stephen O’malley et Occam Ocean d’Éliane Radigue. La même année, elle se produit à l’alto et à la viole d’amour avec Garth Knox et enregistre avec lui le disque Léonard sorti chez Tzadik (2017), qui réunit des Anges issus du Book of Angels (vol.30) de John Zorn.
 

Julia Robert rejoint par ailleurs Rayon vert de Jocelyn Mienniel dont la création a lieu au Salmanazar en mars 2020. De cet orchestre va naître un trio avec Jocelyn Mienniel à la flûte et Aurélie Saraf à la harpe.


Elle a composé et joue la musique de Ce qui demeure d’Élise Chatauret (création 2016), repris au Festival d’Avignon 2018 à la Manufacture.
 

Le chorégraphe Pol Pi lui a confié la création sonore de son projet daté.e.s (création au CND en décembre 2020) dans lequel elle développe le montage de bandes au Revox A77 et avec Live Ableton.


Julia Robert entame en 2019 une démarche de performance avec FAME, sa première création en solo, sur le thème de la célébrité. Elle y révèle ses talents de comédienne, chanteuse, arrangeuse et de créatrice sonore. Une manière d'affirmer un peu plus la dimension pluridisciplinaire de son travail et de se reconnecter à des apprentissages qu'elle développe depuis son plus jeune âge en parallèle de sa carrière d'altiste (danse, chant lyrique et jazz, théâtre). La première a eu lieu le 6 juillet 2021 dans le cadre du Festival Artdanthé et la deuxième le 13 Juillet 2021 pour les soirées performances à la Scène Nationale d’Orléans. FAME jouera le 18 novembre à Reims dans le Festival Born to be alive 2021. On retrouvera par ailleurs quelques extraits de ce projet dans le Grand Dégenrement de Blaise Merlin où Julia partage la scène avec Leïla Martial, Élise Caron, Camille Boitel, Joëlle Léandre, Noémi Boutin, Marlène Rostaing, les Capilotractées et Aurélien Barrau.
 

Julia Robert travaille actuellement à deux nouvelles créations.
Dans alètheia (ἀλήθεια en grec ancien) qui signifie « l’être – vrai » Julia Robert dévoile sa musique à travers la viole d’amour, l’alto et la voix, instruments qu’elle voile et détourne afin de révéler d'autres points d'
écoute. Un premier enregistrement de ce solo entre mprovisation et écriture a déjà été réalisé au Why Note de Dijon en novembre 2020.

EXIT est un duo formé avec CharlieBeatbox, percussionniste, beatboxer et chanteur. Charlie et Julia sont frère et sœur. Après le premier confinement, ils décident de se retrouver et composent une dizaine de morceaux. Ils se laissent aller à une écriture quasi automatique fondée sur leurs recherches sonores et de leur expérience de la scène et leur complicité fraternelle. Le duo crée une subtile pop expérimentale aux influences trip-hop. À la fois décalée, ensoleillée, sensible et puissante elle fait entendre le besoin d’exister, de s’exprimer en tant qu’artiste, la musique en exutoire. Charlie et Julia envisagent l’écriture d’un spectacle à partir de cette création musicale.